En avoir… ou pas ?
Publié le 21 septembre 2009 | Catégorie(s): Coup de coeur, Coup de gueule, Des idées d'abord
Je ne me souviens plus quel humoriste disait, en substance, qu’il vaut mieux se taire en passant pour un sot, plutôt que parler au point de ne laisser aucun doute à ce sujet. Affrontant ce risque, je me suis décidé à reprendre notre dialogue.
Quand le Président de la République m’a rappelé au Gouvernement, en mai 2007, il me sembla qu’il devenait séant de renoncer à mon blog, la tâche qui m’attendait risquant de ne m’en accorder ni le loisir ni la licence. Je jugeais la poursuite de cet exercice difficilement compatible avec les contraintes d’un agenda ministériel. Des lecteurs, que je découvris à cette occasion plus nombreux et assidus que je ne l’aurais imaginé, me firent le reproche de cet excès de prudence. Inversement, je vois, ces temps-ci, que la presse fait le compte des personnalités qui bloguent et qu’elle montre du doigt les silencieux, supposés indolents, démodés ou secs. Le reproche m’a un peu piqué. Car, tous les jours, sans exception, j’écris au minimum un long paragraphe, généralement une page. Je prends des notes, je tâche à me souvenir de tel mot ou de tel événement, je m’obstine à lire et à commenter les grands textes, je prépare diverses publications. Osant paraphraser Sartre dans sa conclusion des Mots, je crois que finirai ma vie comme je l’ai commencée : au milieu des livres. Pourquoi ne pas en laisser quelques traces, les moins iconoclastes, sur ce site ? Je vais donc m’y remettre. En politique, la constance est à la fois une vertu et un aveuglement. Mais ce retour est un double défi : une astreinte de plus, et une exposition face à la blogosphère, laquelle ressemble parfois à un vaste cancan malveillant, inexact et dénonciateur. Je devrais me persuader du mot de La Bruyère, dans ses Caractères : « L’on se repent rarement de parler peu, très souvent de trop parler : maxime usée et triviale que le tout le monde sait, et que tout le monde ne pratique pas » (De l’homme). Mais, enfin, « Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler » dit aussi l’Ecclésiaste (Qohéleth, 3/ 7). Admettons que ce temps soit revenu.
Je redoute cependant l’ambiguïté propre au genre du blog, cet impudique journal intime où l’on dit tout, quitte à en dire trop ou trop peu, au risque de ne plus rien dire qui vaille : de quoi irriter tout le monde ! Au cours des deux dernières années, faute de pouvoir en écrire moi-même, j’ai fréquenté beaucoup de blogs. Quelques paranos m’ont même accusé, dans une absurde polémique, de vouloir les lire tous à la fois. J’y ai vu beaucoup d’attaques et d’exagérations. Mais je me suis aussi arrêté sur des analyses remarquables et je me suis enrichi de leurs commentaires. Voici qu’à mon tour me vient le désir de contribuer à cet extraordinaire fourmillement que l’on trouve sur Internet. N’y a-t-il pas, d’ailleurs, une forme de paradoxe pour un homme public à ne pas exprimer librement sa pensée sur le média le plus lu qui soit ?
Bref, avouons-le sans détour ni faux-semblant : mon blog me manquait. Mes lecteurs et leurs commentaires aussi. Ceci est une invitation au dialogue.

SATCHA Bévo
2 oct. 2009
Monsieur,
A l’heure où la politique de proximité, et la mieux adaptée pour faire passer les messages, et impliquer d’avantage les citoyens aux affaires du pays, et débats d’idées, je vous dis très sincèrement bravo! et vous encourage de continuer sur la même ligne. Avec toujours autant d’énergie et de détermination dans l’exercice des lourdes tâches qui vous incombent. Oeuvrons tous et sans limite, pour une société de plus en plus juste,donnant les moyens concrets à chacun de pouvoir apporter sa pierre à la construction de l’édiffice national.Vous êtes une personnalité politique remarquable, vous êtes un exemple, un bon exemple… Alors c’est un plaisir pour moi de vous écrire.
Bévo
barré
16 oct. 2009
Monsieur DARCOS,
j’aime la politique lorsqu’elle est exprimée sainement.Je disais à mon père l’autre jour que je vous trouve formidable;vous avez un humour fin mais une capacité d’être populiste…..bref un grand Homme qui est au niveau du peuple…..je dirais dans la lignée de Pierre BEREGOVOY.Merci d’être un homme bien,cela nous rend meilleurs.Cordialement.
Emmanuelle barré