Du dialogue comme substitut aux idéologies
Publié le 24 septembre 2009 | Catégorie(s): Des idées d'abord
Je suis frappé par la difficulté de redonner du sens à l’action, comme si les doctrines politiques flottaient face à la brutalité du réel, face à la crise qui broie et emporte les solutions miracles. Ainsi se confirme la fin des idéologies miracles, en quoi certains ont vu la définition d’une « post-modernité ». S’y substituent de nouvelles approches répondant à des préoccupations à caractère éthique ou social, où prédomine le souci de l’environnement et d’une croissance moins nuisible à la vie humaine.
La remise du rapport Stiglitz sur la croissance l’a encore montré il y a peu : nous ne pouvons plus évaluer nos progrès à la seule aune des chiffres de la production ou de l’économie, sans y intégrer de nouveaux critères liés au bien-être moral et mental. Ce mélange de pragmatisme et de retour à des valeurs humanistes est de bon augure. Qui d’entre nous, lorsqu’il pense aux moments forts de son existence, citerait l’argent ou la consommation ? Ce qui compte, au fond, ce sont les bonheurs privés et les progrès collectifs. En un sens, d’ailleurs, ce recul des idéologies est rassurant. Les intellectuels d’après guerre s’en étaient gavés : marxisme, structuralisme, ou avant-gardismes en tous genres. On vit ainsi les meilleurs esprits devenir des zombies du stalinisme ou maoïsme, asservis à des slogans débiles, justifier des pires crimes contre les peuples, s’extasier devant l’aliénation collective. Vint ensuite « l’ère du soupçon », qui vit ces théoriciens si peu fiables devenir l’objet de la suspicion générale, car trop de belles intelligences avaient participé à « la trahison des clercs ».
J’aime cette prudence raisonnable. Pascal disait, je crois, qu’ « il n’y a de fols que les certains et résolus ». Rien ne m’a plus atterré, ces dernières années, que ces quelques situations où je me suis vu interdire de m’exprimer, mes interlocuteurs préférant les vociférations, les slogans, les cornes de brumes ou les cris d’animaux, de moutons notamment. Que le discours politique soit régulièrement attaqué pour ses approximations, ses partis pris, ses raccourcis, ne me choque pas. Je réclame même l’esprit critique pour décrypter ou rejeter l’argumentation développée dans une parole publique. Mais alors, tout se passe comme si nous avions appris à douter progressivement du dialogue et de ses orateurs, déplorant le décalage entre les discours et les actes et désespérant de retrouver cette capacité du verbe à transfigurer le réel qui fait le caractère particulier de la parole publique. Qui parle aujourd’hui, de quoi et à qui ?
On accuse souvent les hommes politiques de ne pas savoir parler à l’opinion publique, d’être des cyniques ou des comédiens. Mais ce discours, tant attendu, peut-il exister si nous ne contribuons pas tous, quelle que soit notre place dans la société, à son élaboration ? Economistes, sociologues, écrivains, philosophes, chercheurs, universitaires, entrepreneurs, poètes, représentants syndicaux, élus et militants de toutes causes, beaucoup de ceux qui savent, pensent et ont quelque chose à dire semblent pris d’un vertige devant notre incapacité collective à parler sinon d’une même voix, du moins des mêmes choses. Dans nos journaux, nos radios, sur nos blogs, le goût de la polémique semble l’avoir emporté sur celui du discours politique. Et nos meilleurs esprits, de crainte de compromettre, dans ces affrontements stériles, l’indépendance de leur pensée, préfèrent se tourner vers des échanges plus spéculatifs.
C’est le rôle du politique, aussi, de faire coïncider l’action et la raison.

Jean-Bernard Piche
24 sept. 2009
Tout cela est très intéressant (si si si je le pense vraiment) mais à quand votre avis très attendu sur les grands sujets de société qui font ou vont faire l’actualité ? la Burka ? l’adoption par les couples Gay, Lesbiens et Trans ? l’échec cuisant de la politique de la ville ? l’entrée de la Turquie dans l’UE ? un embargo total sur l’Iran ? votre avis sur le conflit israelo-palestinien ? sur l’éclatement de la bulle Obama ? je suis si impatient de vous lire sur ces sujets !
lespes jacques Denis
1 oct. 2009
Mr Darcos , je suis adhérent UMP , mais faites simple dans votre discours !! C’est trop compliqué ! du concret ! Jp Piche à raison ! .Qu’avez vous fait comme étude ? Je suis ancien universitaire , cela vous apprend à simplifier. En tout cas vous êtes lyrique !Vous allez pas nous faire du Villepin !les solutions sont souvent trés simples , il suffit simplement d’avoir le courage politique, le discours de vérité ! sur le chomage , l’immigration, le déficit sécu etc… Je vous propose même de venir faire une cure sur le Cap ferret vous repartirez plus fort .cordialement
connilhere germaine
1 oct. 2009
je suis bien d’accord avec vous, je pense que l’action est à la base de tout, mais dés que vous entrez en action , cela déclenche des réactions négatives, et il faut être fort pour passer outre à cela, alors, on se sent impuissantet ,l’on préfère se taire et s’en sortir tant bien que mal, avec nos petits moyens. de plus,il y a un dicton que « le pot de terre…) un autre problème éveille en moi l’actualité : qu’attend-on pour régler définitivement les malades sexuels …………. AMICALEMENT
lespes jacques Denis
1 oct. 2009
Chère Madame,
Merci pour votre réponse.ëtre un homme d’état c’est ignorer les reactions partisanes et travailler pour le bien de la majorité.Les malades sexuels , c’est un autre domaine !cela fait partie de l’humanité et de la nature humaine, il y aura toujours des hommes qui auront des pulsions !, mettre un flic dans chaque braguette , c’est compliqué !ces crimes sont médiatisés mais c’est trés marginal par rapport aux autres crimes .Le vrai probléme reste la délinquence quotidienne, là on peut agir.amicalement
Philippe LACOMBE
1 oct. 2009
Bonjour,
je suis militant UMP dans la 9ème circonscription de la Gironde.
Vous prêchez un convaincu sur la nécessité du dialogue. Le XXème siècle représentera dans l’histoire surtout un siècle meurtrier par défaut de dialogue.
En lisant vos lignes, je constate que vous espérez que le XXIème soit le fruit d’un dialogue « oecuménique laïc ».
Toutes les pensées et toutes les idées seraient légitimement débattues sans heurts au profit d’un collectif actif et imaginatif.
Beau et noble programme. Bien présenté aux plus récalcitrants des sectaires, il devrait en convaincre la moitié dans un premier temps, le reste suivrait de peur de rester dans l’isolement.
Amicalement,
Philippe LACOMBE
T. ONGOLO
1 oct. 2009
Je suis partisan d’un dialogue constructif comme vous mais lorsqu’on dialogue, il ne faut pas utiliser la langue de bois. Il faut avoir le courage de dire la vérité et de savoir écouter les autres. Dans un dialogue, chacun expose ses idées afin qu’ensemble qu’on trouve un compromis. Le dialogue, c’est l’art de trouver des compromis voire le juste milieu.
Dans notre société actuelle, le dialogue est une démarche très rare car chacun veut imposer ses idées. Chacun veut avoir raison parce qu’on pense qu’à soi, on oubli les autres.
Nous avons besoin des hommes politiques comme vous, pour mettre le dialogue au cœur de nos relations. Cordialement.