4 Commentaires sur “Identité nationale ou de l’urgence d’en débattre”

  1. [Enikao]

    5 nov. 2009

    Intéressante contribution, mais qui ne règle pas la question de fond : de quoi souhaite-t-on parler ?

    Parle-t-on de l’identité :
    - sur le plan légal, qui accorde donc droits et oblige à des devoirs, et qui nécessite des critères d’acceptation ou non (auqel cas celui qui n’y satisfait pas est exclu)
    - sur le plan du ressenti personnel, auquel cas c’est un peu plus complexe que la seule identité nationale car cela reviendrait à occulter les autres identités qui ne la supplantent ni ne la concurrencent (régionale, citadine, religieuse, sexuelle, culturelle, politique, et d’autres plus iconoclastes type tribu urbaine [geek, bobo, rappeur, etc.], liste non exhaustive).
    - sur le plan de la fierté d’appartenance et de l’attachement à des symboles (langue nationale, car la France a tué ses langues régionales contrairement à de nombreux voisins qui sont parfois plurilingues, drapeau, hymne…) ou à des figures (rois, personnalités politiques, penseurs, artistes), et c’est là aussi un peu complexe car on peut se sentir français sans en être fier.

    Selon le cas, l’Etat est légitime ou pas pour poser la question et apporter des réponses. Car soyons clairs : le débat permet de recueillir des avis mais il y aura sélection et compte-rendu final après tri, analyse, et choix (espérons-le).

    Est-on par exemple obligés de se sentir un destin commun ? Ce prérequis annoncé pose problème personnellement : à l’heure de l’Europe et de la mondialisation, des défis économiques et sociaux, notre destin est-il national ? Rien n’est moins sûr.

    Peut-on se sentir appartenir, à des degrés divers et surtout changeant dans le temps ? On se sent par exemple davantage français à l’étranger comme vous l’indiquez, parce que c’est l’identité dont on se sent investi autant que l’identité que l’autre nous plaque, que nous le voulions ou non.

    Celui qui n’adhère pas à l’opinion dominante est-il exclus ? Celui qui n’est pas français de droit mais de coeur et d’esprit l’est-il aussi ?

    Il est à craindre que le grand fourre-tout du débat comme il se présente jusqu’à présent ne contribue qu’à brouiller la compréhension. Voyons.

  2. le blond bourgeois

    5 nov. 2009

    Monsieur Xavier Darcos
    a très bien fait l’analyse dans le texte publié
    en date du 5 novembre sincères félicitations

  3. Barbecane

    5 nov. 2009

    Je me permets quelques rebonds.
    Commençant par le premier, nul n’a jamais déjeuné avec la Nation, c’est connu. Là commencent les limites de sa réalité au sens strict. Et comme vous le dites cette conception élective est bien là pour le rappeler. Il faut des représentants.

    C’est pourquoi il serait patriotique mais enthousiaste de vouloir confondre la Nation et l’identité nationale. De même il serait étonnant de dépeindre ce « débat » qui récuse sous l’euphémisme de « modération » des avis divergents ou critiques et qui pour tout honnête homme s’appelle de la censure. A la ferveur de l’intention ne correspond pas la réalité de la communication. (J’ai noté que l’organisateur du débat se défend du contraire, mais s’oppose à lui un tri très partial dans la sélection).

    Effectivement, entre le sol et le sang, en France, cela commence ainsi :

    Est français l’enfant dont l’un des parents au moins est français.

    Article 18 du code civil.

    Je vais être un peu ironique. Mais vous savez mieux que moi que l’identité nationale n’a jamais été aussi forte qu’au sortir de la dernière guerre. Quand le Conseil National de la Résistance a mis en œuvre ces « exceptions » françaises que sont la sécurité sociale, le régime des retraites, la nationalisation de l’énergie etc., cela répondait d’une situation économique pressante, mais aussi de cette « cohésion de la collectivité nationale » dont vous parlez.

    L’Etat providence a vécu et il est mort. La doctrine néolibérale s’est imposée en contradiction du libéralisme du début du XX° siècle. La mondialisation uniformise les cultures et les peuples alors que la doctrine économique dominante exacerbe l’individualisme. Le traité de Lisbonne va entrer en vigueur. L’Etat français a concédé une large part de sa souveraineté sans la capacité de la reprendre (tant mieux).

    Alors que nous devons, en tant que peuple et individus le composant, assumer tout cela, en France, c’est le pouvoir exécutif et réglementaire qui se fait fort de rassembler les français autour de la question de leur identité ? C’est pour le moins étrange.

    C’est si étrange que nulle part l’on nous indique les conséquences concrètes et réelles de ce débat. On voit surtout l’identité nationale adossée à la politique d’immigration, et ce jusque dans la fonction même du ministère.

    Si les élites ont l’impression que le peuple n’est pas assez fier d’être français, elles y sont peut-être pour quelque chose. Et ce n’est pas par une campagne de communication nationale comme on en connaît d’excellentes sur la sécurité routière ou la prévention du cancer que ce sentiment de fierté renaîtra.

    Parler d’universalité des droits ou des valeurs des Lumières, en soutenant par ailleurs la politique d’immigration actuelle, la négation des droits de l’hommes des minorités françaises qui ne peuvent pas voter (rapport de la Halde), l’extension du filet pénal et la rétention de sûreté, (pauvre Beccaria !) les conditions de détention et la surpopulation pénitentiaire, etc., c’est d’un cynisme effroyable et typiquement réglementaire.
    Le nombre important de condamnations dont la France a fait l’objet par la cour européenne des droits de l’homme est la conséquence directe de l’action de l’Etat. Oui, c’est vrai, il émane de la souveraineté élective et ne reflète que les attentes de la société française, c’est un débat à part entière.

    A coup de Montesquieu, de Voltaire de Renan et de littérature la fierté et l’identité sont là, c’est certain. D’ailleurs c’est un signe qui ne trompe pas. On demande aux enfants de chanter la Marseillaise quand ils devraient lire la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est un signe qui ne trompe sur la substitution du patriotisme à l’identité nationale, du nationalisme à la République.

    C’est pourquoi je doute.

  4. kyf of paname

    30 nov. 2009

    Bonjour

    Contrairement à ce que vous dites, et qui fausse absolument tout votre rhétorique, la notion d’identité nationale est foncièrement, philosophiquement, psychologiquement… abstraite!!!